Valentine Goby
Kinderzimmer

Editions Actes Dud

1ère lauréate du Prix SOS Libraires créé en 2013

kinderzimmer

 

kinderzimmer

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

«D’abord, il y eut cette rencontre, un jour de mars 2010 : un homme de soixante-cinq ans se tient là, devant moi, et se présente comme déporté politique à Ravensbrück. Outre que c’est un homme, et à l’époque j’ignorais l’existence d’un tout petit camp d’hommes non loin du Lager des femmes, il n’a surtout pas l’âge d’un déporté. La réponse est évidente : il y est né. La chambre des enfants, la Kinderzimmer, semble une anomalie spectaculaire dans le camp de femmes de Ravensbrück, qui fut un lieu de destruction, d’avilissement, de mort. Des bébés sont donc nés à Ravensbrück, et quoique leur existence y ait été éphémère, ils y ont, à leur échelle, grandi. J’en ai rencontré deux qui sont sortis vivants de Ravensbrück, ils sont si peu nombreux, et puis une mère, aussi. Et la puéricultrice, une Française, qui avait dix-sept ans alors. C’était un point de lumière dans les ténèbres, où la vie s’épuisait à son tour, le plus souvent, mais résistait un temps à sa façon, et se perpétuait : on y croyait, on croyait que c’était possible. Cette pouponnière affirmait radicalement que survivre, ce serait abolir la frontière entre le dedans et le dehors du camp. Envisager le camp comme un lieu de la vie ordinaire, être aveugle aux barbelés. Et donc, se laver, se coiffer, continuer à apprendre, à rire, à chanter, à se nourrir et même, à mettre au monde, à élever des enfants ; à faire comme si. J’ai écrit ce roman pour cela, dire ce courage fou à regarder le camp non comme un territoire hors du monde, mais comme une partie de lui. Ces femmes n’étaient pas toutes des héroïnes, des militantes chevronnées, aguerries par la politique et la Résistance. Leur héroïsme, je le vois dans l’accomplissement des gestes minuscules du quotidien dans le camp, et dans ce soin donné aux plus fragiles, les nourrissons, pour qu’ils fassent eux aussi leur travail d’humain, qui est de ne pas mourir avant la mort. Mila, mon personnage fictif, est l’une de ces femmes. Kinderzimmer est un roman grave, mais un roman de la lumière.»
Valentine Goby

Revue de presse

Valentine Goby a écrit un grand roman sur l'innocence, une magistrale histoire d'éveil, décryptant dans leurs moindres détails les perceptions de son héroïne, parachutée dans un univers inconnu, inquiétant, incompréhensible. Comme son bébé, Mila est sans mots face à l'horreur de son destin, et doit faire confiance à ses capacités sensorielles pour survivre. Elle repart de zéro, remonte avant le langage, pour accéder à son statut d'être vivant absolu, inaliénable. Odeurs, démangeaisons, visions cauchemardesques, tout alimente son cerveau avec la même vigueur, et s'entrechoque avec les sensations engrangées autrefois, rêves du passé, chansons d'hier, contes d'enfance.

La langue de Valentine Goby s'en ressent, chaotique, organique, pleine d'effroi et d'espoir, atrocement belle. Et cette béance terrible : jamais le bébé n'est vraiment décrit, ni entendu. Souverain et absent, ni mort ni vivant, il respire entre les lettres du livre. C'est l'enfant des possibles détruit par l'impossible.
Marine Landrot-Télérama

Informations pratiques : Les livres sont disponibles à la librairie "LE PAIN DE 4 LIVRES" à YERRES - A la maison de la presse à BRUNOY - A la librairie "Plume & Gribouille" Centre commercial Talma à BRUNOY, sur place lors de la précédente soirée et le jour même. Rendez-vous au Café-restaurant "LE PORTALIS" - 21 bis, rue Dupont-Chaumont BRUNOY à 18h30. La soirée débute par un débat entre l'auteur(e) et les lecteurs, suivie de la dédicace et du verre de l'amitié, puis d'un dîner convivial en compagnie de l'auteur.

Tarifs : Débat, dédicace et verre de l'amitié : gratuit pour les adhérents - 2€ pour les non adhérents - Débat, dédicace, verre de l'amitié et dîner : 13€ pour les adhérents - 14€ pour les non adhérents Pour le dîner inscription impérative avant le 10 mars 2014 à : lemenhirbrunoy@yahoo.fr